Le Week-end des Musiques à l’image 2017


Les 9 et 10 décembre 2017, Audi talents et La Philharmonie de Paris ont accueilli plus de 5 600 personnes pour le 6ème Week-end des Musiques à l’image. Au programme, deux concerts en images du London Symphony Orchestra, l’un dédié aux compositions de Gabriel Yared, l’autre, aux musiques de films de Steven Spielberg ; une performance électro-symphonique de Romain Benitez, lauréat Audi talents 2016, et de Stéphane Mondoloni ; mais aussi des rencontres avec les réalisateurs, les musiciens du London Symphony Orchestra et les compositeurs.

A voir, le documentaire En coulisses, avec Gabriel Yared, nous invite, aux côtés du maestro, à percer ses secrets de composition, revivre les répétitions, se préparer, avec lui, fébrile, jusqu’au grand soir du 6ème Week-End des Musiques à l’image.

Gabriel Yared

Il fut, en 2017, l’un des rares compositeurs membre du jury du Festival de Cannes. Le 9 décembre, l’artiste aux quelque cent B.O., césarisé pour L’Amant, couronné d’un Oscar, d’un Grammy Award et d’un Golden Globe pour Le Patient anglais, donne un concert musique et images inédit dans la grande salle de La Philharmonie de Paris.

Interprété par le London Symphony Orchestra, dirigé par Dirk Brossé et Gabriel Yared, avec Catherine Ringer et Yaël Naïm au chant, Juanjo Mosalini au Bandonéon et Lewis Morison au saxophone, le concert conçu par Gabriel Yared mettait à l’honneur quelques-unes de ses plus belles B.O.

Parmi elles, celles de L’Amant, de Jean-Jacques Annaud, de Retour à Cold Mountain, du Talentueux Mr Ripley et du Patient anglais, d’Anthony Minghella, de 37,2° Le Matin et de La Lune dans le caniveau, de Jean-Jacques Beineix, de Camille Claudel, de Bruno Nuytten, et de Juste la fin du monde, de Xavier Dolan…

Autodidacte, c’est dès l’âge de 7 ans que Gabriel Yared s’initie à la musique, à Beyrouth, où il est né en 1949. Ce, bien avant, d’entrer, en 1969, à l’Ecole normale de musique de Paris, où il suit les cours d’Henri Dutilleux. Orchestrateur producteur dans un premier temps, il collabore avec Sylvie Vartan, Gilbert Becaud, Johnny Hallyday, Michel Jonasz, Charles Aznavour, Françoise Hardy… La musique de films vient plus tard : en 1979, avec sa première B.O. pour Sauve qui peut la vie, de Jean-Luc Godard. En parallèle, il compose pour les ballets de Carolyn Carlson, Roland Petit ou Wayne McGregor.

« Rien ne me préparait à devenir compositeur de musiques de films », sourit-il aujourd’hui. Et pourtant… : le musicien, qui s’est donné l’exploration de toutes les musiques comme ligne de vie, affiche aujourd’hui près de 40 ans de carrière dans le cinéma.

Le concert qu’il a imaginé pour le Week-end des Musiques à l’image, et qu’il a interprété au piano, a donné une idée de ce supplément d’âme qu’il offre toujours avec la même passion aux histoires qu’on lui confie.

Infinite, A Space Odyssey, de Romain Benitez et Stéphane Mondoloni

Le 9 décembre à La Philharmonie de Paris c’est une salle comble et hypnotisée qui a accueilli la première de ce spectacle total en musique et en images. Voyage aux confins de l’univers, plongée en apnée vers l’inconnu, Infinite, A Space Odyssey propose au spectateur 30 minutes d’une épopée immersive au coeur de LA grande aventure astronomique, interrogeant ainsi notre relation à l’immensément grand. Jouée live, la musique anime en direct, au gré de ses mouvements, formes, textures et espaces projetés derrière la scène. Entraîné par le rythme, les climax, les silences, le spectateur explore les paysages d’un univers captivant, générés directement par la musique.

Orchestration classique et sonorités électronique, cuivres inquiétants, cordes hypnotisantes… : la symphonie, écrite par le jeune créateur musical et sonore Romain Benitez, lauréat Audi talents 2016, déploie une énergie en même temps qu’une sensibilité rares. Le souffle puissant, gigantesque, dramatique, d’une odyssée.

Imaginée par le réalisateur Stéphane Mondoloni, la composante visuelle du show propose une errance rythmée, faite de formes, de mouvements et de texture, dans un monde stellaire inexploré. L’interaction musique et images, avec en son coeur le principe de génération live de formes, est le fruit d’une collaboration de longue haleine de Romain Benitez et Stéphane Mondoloni avec Jean Philippe Jacquot et Alexandre Rivaux, du studio de design interactif Bonjour Lab.

Infinite, a space odyssey a été produit grâce à l’Audi talents award Musique à l’image décerné en 2016 à Romain Benitez par le jury composé de Mathieu Kassovitz, Constance Guisset, Jean-Baptiste de Laubier-Para One, Jose-Manuel Gonçalves, Jérôme Ruskin et Patrice Lamothe.

Composition musicale : Romain Benitez
Direction artistique et réalisation : Stéphane Mondoloni pour Oddyssey Studio
Conception, développement et direction artistique : Bonjour Lab

Hommage à Steven Spielberg

Jurassik ParkE.T.Les Dents de la mer, Indiana Jones… : est-il musiques de films plus universelles que celles composées par John Williams pour Steven Spielberg ? Aux premières notes esquissées, les images surgissent, replongeant chacun dans le cinéma jubilatoire du grand illusionniste hollywoodien.

Complices depuis leur rencontre en 1974 autour de Sugarland Express, John Williams et Steven Spielberg ont collaboré sur onze films, chaque fois d’immenses succès. Parmi eux, Les Dents de la mer (1975), Rencontres du troisième type (1977), Les Aventuriers de l’arche perdue (1981), E.T. (1982), Indiana Jones et la Dernière Croisade (1989), Jurassic Park (1993) ou Le Monde perdu : Jurassic Park (1997).

L’hommage aux musiques des films de Steven Spielberg qui a été donné à La Philharmonie de Paris à l’occasion du 6ème Week-End des Musiques à l’image a naturellement fait une large place aux compositions de John Williams. On y retrouvait les B.O. de  Jurassic Park, des Dents de la mer, d’Indiana Jones, d’E.T., des Aventures de Tintin, ou du Bon gros géant. Mais pas seulement.

Dirigé par Frank Strobel, le London Symphony Orchestra – orchestre symphonique attitré de John Williams -, a également joué les musiques de Thomas Newman (Le Pont des espions), de Jerry Goldsmith (Poltergeist), de Michael Giacchino (Super 8), d’Alan Silvestri (Retour vers le futur) et de Don Davis (Jurassic Park III). L’ensemble, en images (images et extraits de films).

Rencontres, performances et ateliers

Tout au long du Week-End des Musiques à l’Image, Audi talents et La Philharmonie de Paris proposaient au public de rencontrer les réalisateurs et les compositeurs qui font la musique de films, mais aussi de participer à des ciné-conférences, des performances, des ateliers.

 

SAMEDI 9 DECEMBRE

Rencontre
Gabriel Yared autour d’un piano
Animée par Stéphane Lerouge

Gabriel Yared a évoqué la genèse de ses compositions pour ses collaborations avec Jean-Luc Godard, Jean-Jacques Beneix, Jean-Jacques Annaud, Anthony Minghella et Xavier Dolan, et en a interprété des extraits au piano. Une rencontre intime, en tête-à-tête, avec l’un des compositeurs les plus novateurs du cinéma contemporain.

Ciné-conférence
Révélations
Par Ollivier Pourriol

Philosophe, romancier, essayiste… Ollivier Pourriol a proposé un regard croisé entre musique et image en s’appuyant sur de nombreux extraits de films cultes. Selon les philosophes, la musique est un langage universel, à condition toutefois de ne rien « signifier » de manière objective. Pourtant au cinéma, elle peut dire beaucoup. Elle accompagne la lecture du récit et sa compréhension, les moments de prise de conscience et de révélation. Peut-être même les fait-elle naître ?

Visite-atelier du Musée
Les musiques de film

Un parcours pour écouter le cinéma et découvrir les liens tissés entre images et musique. Un atelier invitait ensuite à créer la musique d’un extrait de film.

Projection
Bandes originales : Gabriel Yared
Documentaire de Pascale Cuenot, 2007, 52 minutes

« Bandes originales » est une collection de portraits documentaires sur les plus grands compositeurs de musiques de films. Le premier documentaire est consacré à Gabriel Yared. En parallèle de son oeuvre, le documentaire propose d’aller à la découverte de son processus créatif.

Rencontre
Evoquer Gabriel Yared
Avec Pascale Cuenot, Patrice Leconte et Michel Ocelot
Animée par Stéphane Lerouge

Evoquer la singularité de Gabriel Yared à travers le regard de cinéastes qui ont travaillé avec lui.
Samedi 9 décembre, à 17h30 – Salle de conférence – Philharmonie • Entrée libre

DIMANCHE 10 DECEMBRE

Concert-performance
Musiques de film revisitées

Restitution des amateurs ayant participé aux ateliers « Musiques de film revisitées » organisés par La Philharmonie de Paris, en présence des musiciens qui les ont encadrés. Au programme, des musiques de film interprétées et réarrangées, en lien avec les compositeurs programmés lors du Week-end des Musiques à l’image : Gabriel Yared et John Williams.

Rencontre
John Williams : une aventure partagée avec le London Symphony Orchestra
Animée par Stéphane Lerouge

« J’ai adoré travailler avec le London Symphony Orchestra, raconte aujourd’hui John Williams. L’orchestre a une telle cohésion et, à l’époque du premier Star Wars, était si motivé pour enregistrer sur un film dont personne ne savait rien. » Quarante ans plus tard, ce sont les musiciens du London Symphony Orchestra qui ont évoqué à leur tour les sessions d’enregistrement avec John Williams.

Récréation musicale
Atelier éducatif

Les enfants dont les parents assistaient au concert « Hommage à Steven Spielberg » donné par le London Symphony Orchestra dirigé par Frank Strobel étaient accueillis par des musiciens, pour un temps récréatif mêlant goûter et activités musicales collectives.

Renseignement concerts et réservations

Philharmonie de Paris
221, avenue Jean-Jaurès
75019 Paris

01 44 84 44 84 – philharmoniedeparis.fr