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Les 21 et 22 novembre 2015, Audi talents awards et La Philharmonie de Paris ont célébré devant 7 500 personnes les compositeurs, les réalisateurs et les designers visuels, tous ceux, créateurs d’émotions, qui associent leurs talents pour nous inviter au voyage. Au programme, la célébration de deux maîtres du cinéma, le compositeur multiprimé Alexandre Desplat et l’univers fascinant de David Lynch ; mais aussi la découverte, via l’Audi Innovative Lab, du meilleur de la scène électro, du design visuel et du graphisme musical.

Alexandre Desplat et le London Symphony Orchestra

Il est l’un des plus grands compositeurs de musiques de films… Alexandre Desplat a lui-même dirigé la rétrospective de son œuvre donnée par le mythique London Symphony Orchestra.

La petite histoire rapporte que c’est après avoir entendu la partition de John Williams pour Star Wars qu’Alexandre Desplat a décidé de composer exclusivement pour le grand écran. Inspirée par Maurice Jarre, Bernard Herrmann, Nino Rota ou Georges Delerue, sa sensibilité au langage cinématographique l’a conduit sur les pas des plus grands compositeurs de musiques de films. Stephen Frears, Terrence Malick, David Fincher, Kathryn Bigelow, Jacques Audiard, Wes Anderson, Roman Polanski, George Clooney, Matteo Garrone, Jonathan Glazer…

Alexandre Desplat a signé la BO des plus grands réalisateurs et remporté les plus prestigieuses récompenses : Golden globes, Césars, Grammy awards et autres Oscars, dont le dernier en 2014 pour Grand Budapest Hôtel. D’Un Héros Très Discret  à Imitation Game et de Harry Potter au Discours d’un Roi, c’est un concert d’exception traçant la rétrospective de ses œuvres qu’Alexandre Desplat a donné à La Philharmonie de Paris.

Dirigeant en personne le London Symphony Orchestra, il a ainsi célébré de longues années de collaboration avec une formation mythique dans l’histoire mondiale de la musique de films.

In Dreams: David Lynch revisited

Les premières notes de la B.O. d’Angelo Badalamenti suffisent, 25 ans après, à replonger instantanément dans les brumes hypnotiques de Twin Peaks, et les ballades de Roy Orbison à recréer l’atmosphère de Blue Velvet…

Peu de réalisateurs ont offert à la musique des rôles aussi forts que David Lynch dans ses films. En reprenant les chansons cultes de sa filmographie, In Dreams: David Lynch revisited emporte les spectateurs dans un road trip onirique au charme envoûtant.

Au fil de chansons planantes, rock ou sucrées, reprises de standards ou spécialement composées pour les films, ressurgit la puissance de scènes mythiques de Blue Velvet, Sailor et Lula ou Lost Highway, et la trouble fascination d’un univers à part.

En presque 40 ans de carrière, le songbook lynchien a convoqué les plus grands : Roy Orbinson, David Bowie, Chris Isaak, Samuel Barber, Marilyn Manson ou Elvis Presley. C’est à partir de cette matière que le directeur musical David Coulter, ex Pogues et complice de Damon Albarn, Nick Cave ou Tom Waits, a décidé de revisiter David Lynch. Un concert-performance au casting mahous (maous), avec Stuart Staples (Tindersticks), Cibo Mato (Matto) (duo américano-japonais), Mick Harvey (le guitariste de Nick Cave), Conor O’ Brien (Villagers), Jehnny Beth (Savages) et Sophia Brous (du trio de Liverpool Stealing Sheep).

Audi Innovative Lab

Lives audiovisuels, conférences, workshops, installations…
Invitant des artistes émergents ou des références dans l’exploration des liens entre musique et image,
l’Audi Innovative Lab proposait, en collaboration avec Arty Farty, une immersion au coeur de la création contemporaine.

Installation Blueprint de Joanie Lemercier

Pionnier du live audiovisuel et du mapping, l’artiste français Joanie Lemercier se passionne depuis des années pour les projections de lumière dans l’espace et la façon dont elles peuvent manipuler nos réalités. Co-fondateur du collectif AntiVJ, il a tourné son art vers la scénographie et se consacre désormais aux installations.

Développé pour la première fois dans le cadre du festival STRP à Eindhoven, Blueprint (« plan », en anglais) joue sur la perte de repère et d’échelle du spectateur pour donner à voir et à entendre l’architecture. Il l’explore à la fois comme une répétition perpétuelle de l’ordre cosmique et comme un refuge contre l’infini, une construction humaine qui met les caprices de la nature en perspective.

Entre contrebasses de Yair Elazar Glotman et électro de James Ginzburg, le composant audio porte la chorégraphie des formes qui se construisent, mêlant l’infiniment grand et l’infiniment petit. Activée par la projection lumineuse et sonore d’une vidéo spatialisée et mappée, la tour centrale monolithique et les deux grands écrans de Blueprint culminent en une anamorphose, créant une fiction augmentée.

En savoir plus sur Blueprint de Joanie Lemercier: http://joanielemercier.com/blueprint/

Performance live TheUP: Lookin’ For the Nite

Réalisateur talentueux et protéiforme, l’un est le lauréat court-métrage 2009 des Audi talents awards. Musicien insatiable, l’autre a grandi en terre funk-rock avant de creuser le sillon électro. C’est à deux que Grégory Hervelin et Gaël Barbieri ont formé le groupe TheUP et cogité ses projets hybrides.

Réalisé à l’énergie, en duo, Lookin’ For The Nite s’est construit à la croisée de leurs inspirations transdisciplinaires. A la fois film à écouter et album à voir, cette odyssée électro-rock rend hommage aux thèmes du jazz que sont la musique, la nuit et la légion des condamnés.

Lookin’ For The Nite suit l’errance nocturne d’un homme. La première scène improvisée comme une première balade sombre dans le sillage erratique de sa quête et déclenche le premier morceau. Neuf autres suivront. Avec l’improvisation pour structure et la même économie de moyens, les épisodes et morceaux se succèdent. En contre-point  du montage du film, le musicien compose sa partition.

La musique n’habille pas l’image, qui n’illustre pas la musique. Elles sont élaborées en parallèle. Et, à l’instar du cinéma itinérant du début du siècle dernier, c’est live qu’elles sont jouées, dans un « concert-installation » multi-dimensions.

Grégory Hervelin présente TheUP: Lookin’ For the Nite dans un entretien aux InRocks, ici 

Conférence France (Pop) culture M/M (Paris)

Graphistes, directeurs artistiques, auteurs de campagnes publicitaires mondiales pour des marques de luxe, Michael Amzalag et Mathias Augustyniak, les fondateurs de M/M (Paris) n’ont jamais caché leurs affections musicales. Investi dans la musique, la mode, l’art ou la presse, leur studio graphique a gagné une identité spéciale via les pochettes de disques ou les clips qu’ils ont été amenés à concevoir.

Michael Amzalag et Mathias Augustyniak ont accompagné la scène française des années 1990 (Etienne Daho, Daniel Darc, Jean-Louis Murat…) puis sa relève. Ils ont suivi le parcours des Mathieu Boogaerts, Benjamin Biolay, Jean-François Coen, Naast, Micronauts et autres Vanessa Paradis.

En presque un quart de siècle, au final, M/M (Paris) a développé une relation à part à la pop culture. C’est cette expérience qu’évoquaient les deux créateurs parisiens dans la conférence « France (Pop) Culture ». Ils ont retracé l’histoire d’une culture dessinée en filigrane par leur galerie de portraits à l’esthétique novatrice. « Nous nous sommes toujours appliqués, confient-ils, à produire des images et des symboles ancrés dans le quotidien. » L’œuvre unique sur laquelle ils se sont retournés raconte leur parcours et leur démarche à travers douze de leurs collaborations emblématiques.

En savoir plus sur M/M (Paris) : http://www.mmparis.com/

Workshop Martial Geoffre-Rouland

Scénographies interactives, projections de représentations visuelles d’actions de DJs, passerelles lancées entre les mondes analogique et digital… Le développeur et designer interactif français Martial Geoffre-Rouland est passé maître dans les domaines de l’art numérique et les nouvelles technologies.

Il est le fondateur du studio de design interactif Screen Club. Emanant de ses collaborations avec des artistes ou des studios indépendants, ses projets interviennent dans des domaines aussi variés que le web, l’installation numérique, la scénographie interactive ou la musique. En connectant des structures de grande échelle à des logiciels maison sur les scènes live, il génère des images réactives et une ambiance immersive qui captive l’attention du public. C’est quelques-uns des secrets de son alchimie que Martial Geoffre-Rouland a dévoilé dans le cadre de ce workshop Audi Innovative Lab.

Il présentera ses projets d’installations dans des contextes de scénographie de festivals (Nuits sonores) et de lives électroniques (Brodinski, Danger…). Mais il a aussi détaillé les différents processus de création actuels de projets numériques, et les développements possibles aujourd’hui grâce aux outils open source.

En savoir plus sur Martial Geoffre-Rouland : http://www.screen-club.com/

Performance live ODEI

D’un côté, le batteur jazzy-afro-funky Arnaud Biscay et le pianiste Maxime Hoarau, tous deux issus du Conservatoire, de l’autre, le producteur électro Matthys… Les membres du projet Odei (« tonnerre » en basque) se sont initialement trouvés autour de la bande son du film Wonderland, de Nathalie Rebholz. Ils se réunissent désormais pour des sessions live au fort pouvoir captivant. Présentés comme les dignes héritiers d’Aufgang, ils proposent une musique hybride où électro et acoustique se mêlent de façon poétique.

Les programmations de Matthys mises à part, leurs concerts sont quasi intégralement improvisés. Ils tirent l’atmosphère de l’organique au chimique avec cohérence et sensualité. Augmenté d’un effet lumineux, (ximista signifiant « éclair » dans le même basque), Odei Ximista désigne le projet vidéo du triptyque.

Reposant sur un système vidéo synchronisé avec l’audio, le système amplifie la musique du collectif pour la dessiner. A la croisée d’approches musicales diverses, il offre, sur scène, une grande liberté d’interprétation et d’improvisation. Immersion totale au programme.

En savoir plus sur ODEI : http://www.odeimusic.com/

Ateliers et conférences

On a pu entendre Alexandre Desplat évoquer l’usage des instruments à cordes dans la musique de films, répéter les musiques phares de l’œuvre de Lynch, s’essayer à la création de musique à l’image ou écouter le philosophe Olivier Pourriol parler des interactions entre image et musique…

Entre les moments forts du Week-End des Musiques à l’Image, plusieurs conférences et ateliers ont rythmé ces deux jours à la Philharmonie de Paris.