Rendez-vous en 2021 au Palais de Tokyo

Les lauréats Audi talents exposent au Palais de Tokyo

Les lauréats Audi talents 2019, Camille Menard, Teddy Sanches et Roman Weil (Units) exposent pour la première fois l’aboutissement de leurs trois projets inédits dans le cadre de l’exposition Undomestic, sous le commissariat de Gaël Charbau. À découvrir prochainement au Palais de Tokyo (Paris).

Le mot du commissaire

Corps en essor, matador et conquistador, corps décor, fluor, modulor, corps collector et transistor, les trois jours Undomestic présenteront au public les travaux des trois jeunes designers lauréats 2019 dans une programmation mêlant exposition et events, développés en technicolor…

Gaël Charbau

Gaël Charbau est critique d’art et commissaire d’exposition, actif en France et en Asie. Il a fondé en 2003 la revue Particules, dont il a été rédacteur en chef pendant sept ans. Engagé auprès de la jeune scène française, il était le directeur artistique de Nuit Blanche 2018. Il organise régulièrement des expositions en Europe et en Asie et collabore avec différentes institutions et mécènes : le Collège des Bernardins, le Palais de Tokyo, la Friche la Belle de Mai, l’Institut Français, la Fondation d’entreprise Hermès, Emerige Mécénat…. Il est conseiller artistique pour Universcience (Palais de la découverte et Cité des sciences). Gaël Charbau collabore avec Audi talents depuis 2013. Il a ainsi été le commissaire des expositions collectives des lauréats Audi talents : Chroniques Parallèles au Palais de Tokyo (Paris) et à la Friche la Belle de Mai (Marseille), Résidence Secondaire au MAMO (Marseille), Parapanorama au Palais de Tokyo (Paris) et co-commissaire de l’exposition anniversaire des 10 ans du programme à la Galerie Audi talents. Il a également été le commissaire d’En attendant Mars, de Bertrand Dezoteux, artiste lauréat 2015, également présenté à la Galerie Audi talents (Paris).

Self Esteem Shapers, de Camille Menard

La collection des Self Esteem Shapers de Camille Menard convoque le design comme un moyen de garantir une conscience critique. Diplômée de l’École Boulle, la jeune femme a fait son mémoire de recherche sur les formes de conditionnement que peuvent produire les objets domestiques sur l’humain. Un champ qui la passionne.

Elle a identifié les accessoires de fitness comme des objets de notre environnement domestique susceptibles d’altérer nos représentations. Aguichants mais trompeurs dans leur efficacité sportive, les appareils de fitness Self Esteem Shapers font démonstration par les comportements révélés et l’absurdité des situations produites.

Ainsi, le « Wind Stepper Selfie » éprouve la pression liée aux réseaux sociaux ; le « Pulldown Check-up Mirror » révèle notre niveau de narcissisme et la « Brain Dropping Remote », celui de notre nihilisme.

Dans une société fondée sur la valeur « Liberté », Camille Menard envisage « la possibilité pour l’usager de comprendre les mécanismes à l’oeuvre dans ses choix afin d’échapper à l’aliénation sociale ».

Elle aspire, non sans humour, à « promouvoir un design d’un genre nouveau, vecteur d’émancipation, afin de supplanter celui qui sature le marché sans posture critique ou réflexive. »

Photo : Fabien Breuil

Envahisseurs, de Teddy Sanches

Marier design et danse Hip-Hop ? C’est l’idée originale de Teddy Sanches qui a donné naissance au projet Envahisseurs. Diplômé de l’ENSCI – Les Ateliers et lui-même danseur, le jeune designer questionne la forme de la battle, événement emblématique de la culture urbaine dans lequel les danseurs s’affrontent de manière improvisée.

Replongeant dans les origines du Bronx des années 1970, Teddy Sanches renoue avec la symbolique du cercle dans la danse Hip-Hop. Les cercles formés successivement par les spectateurs, les danseurs et les mouvements de la danse, créent une énergie communicative et transforment le corps en scène, décor, événement, atmosphère.

Envahisseurs comprend des happenings activés à plusieurs moments de l’exposition, un court métrage sur pellicule revenant sur la naissance du Hip-Hop, et des équipements permettant de redonner le pouvoir aux participants.

Chacun possède ainsi un équipement (vêtements, accessoires, …) : le MC qui anime, le jury, les sauceurs/ses (qui gèrent le son), les voyants qui filment, le ou la DJ, les ambianceurs, … Inspirés des valeurs urbaines et d’un quotidien transculturel, les équipements convoquent plusieurs champs du design : le graphisme, les objets, la mode, le numérique, le son.

Photo : Fabien Breuil

Experimental Party Unit, de Romain Weil (Units)

Experimental Party Unit (E.P.U) est un espace composé de dispositifs dynamiques, lumineux et sonores impliquant le corps et ses sens. Fruit d’une forme de création à la croisée de l’ingénierie et du design, E.P.U s’ancre dans une démarche de recherche, entre design industriel, expérience spatiale et sonore, entre technicité et plasticité.

Diplômé à la fois de Centrale Supelec en Ingénierie de la Conception des Systèmes Complexes et de l’ENSCI – Les Ateliers en Création Industrielle, le jeune designer explore la fête comme un espace d’expérimentation total non seulement pour le public, mais également pour les artistes.

Miroir de la science-fiction, elle est à ses yeux, aujourd’hui, « l’un des seuls laboratoires sociotechniques et utopistes de notre monde ». Constituée de machines interactives où les paramètres sonores interagissent avec la cinétique et la programmation des lumières, son « Unité Festive Expérimentale » vise la mise au point d’un prototype social, d’une zone dédiée au lâcher-prise, d’une enclave sensitive activée par une célébration joyeuse de la technique.

Roman Weil (Units) s’associe en 2019 avec le designer Tom Formont pour fonder l’agence de design et de recherche Units.

Photo : Fabien Breuil