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Théodora Barat expose In Situ

Présentée dans La Vitrine de l’Antenne du Plateau (FRAC Ile-de-France), la nouvelle série photographique In Situ, proposée par Théodora Barat, lauréate Audi talents Art contemporain, perturbe jusqu’au 3 mars la perception de l’espace. L’occasion d’évoquer avec la jeune artiste ses récentes réalisations et ses projets.

Visitez l’exposition.

Votre série In Situ interroge le point de vue, quelle en est la genèse ?

C’est un des éléments d’une série photographique réalisée quand j’étais en résidence à l’Observatoire de l’Espace du CNES. Je suis allée au Musée du Bourget un jour de fermeture, j’ai fait éteindre toutes les lumières dans l’idée de ré-éclairer certaines pièces d’aérospatiale et de simuler ces photographies prises dans l’espace. Je suis fascinée par leurs très forts contrastes ; entre des lumières brûlantes et des noirs très denses. La photographie est ensuite fixée sur un module qui crée une pente et vient perturber l’impression et la perspective. Ca m’intéressait de donner un volume à une photographie, un angle de vue, de ne pas rester dans un rapport plane…

 

Vidéo, photo, sculpture, installation… vos projets associent souvent les médias ?

Oui, parce que chacun explore une sphère différente. Je ne peux pas travailler les mêmes choses avec un seul médium. J’affirme ma pluridisciplinarité ! Ca a toujours été comme ça. Chaque médium amène un champ d’action différent.

 

Il y avait une évocation de la science-fiction dans Learning from New Jersey, le projet que vous avez réalisé grâce à votre prix Audi talents ; votre projet Phase D, montré lors pour Nuit Blanche 2019, parlait d’espace, comme In Situ… D’où vous vient cette inspiration ?

Ce sont des choses qui m’animent depuis longtemps. La science-fiction met en scène des postulats très riches d’ouvertures, qui quittent une réalité tangible. On se situe alors entre fantasme et prémonition.

 

In Situ a été réalisé dans le cadre de la résidence de Théodora Barat à l’Observatoire de l’Espace, du CNES.

Vous envisagez de remettre les pieds sur terre ?

Absolument ! Je suis en train de réfléchir à un projet, Plutonia, pour 2019-2020 avec Mayeur Projects à Las Vegas, au Nouveau Mexique. Je m’intéresse à l’empreinte de la recherche nucléaire sur ce territoire, car pour rappel, c’est à White Sands que fut réalisé le premier test de la Bombe-A. Mais avant cela, Pay-Less Monument, le film documentaire que j’ai réalisé dans le cadre de l’exposition Learning From New Jersey, sera en compétition française au Festival international de film documentaire Cinéma du Réel, au Centre Pompidou, du 15 au 24 mars.

 

Quels ont été vos moments forts depuis votre année d’accompagnement Audi talents ?

Il y a eu justement en mars avril 2018, l’exposition de Learning From New Jersey, à La Friche, à Marseille, puis j’ai donné une exposition personnelle à Mains d’Œuvres, à Saint-Ouen, pour laquelle j’ai réalisé une nouvelle pièce (Plage tierce), enfin Phase D, qui a été montré cet automne, à Nuit Blanche.

 

L’installation Plage Tierce était présentée à Mains d’Oeuvres, à Saint-Ouen, en mai 2018, aux côtés de Learning From New Jersey, après son exposition à La Friche, à Marseille.
Photo : Adele Rickard

De La Friche à Beaubourg

Réalisé grâce à l’accompagnement Audi talents que lui a valu son prix en 2016, Learning from New Jersey, de Théodora Barat, questionnait le laboratoire de modernité que fut cet état américain, périphérique de New York. Composé de plusieurs sculptures, photographies et d’un film expérimental à la croisée du documentaire et de la science-fiction, le projet était présenté en mars et avril 2018, à La Friche La Belle de Mai à Marseille, puis en mai à Mains d’Oeuvres, à Saint-Ouen. Payless Monument, le documentaire autour duquel l’exposition s’articulait est en compétition ce printemps dans le cadre de Cinéma du réel, au Centre Pompidou.

Découvrez les coulisses de learning From New Jersey en vidéo.

Phase D pour Nuit Blanche

Coproduit par l’Observatoire de l’Espace du CNES et la Ville de Paris pour Nuit Blanche 2019, la performance Phase D est inspirée d’archives relatives aux stations de télécommunications spatiales. Sculpture monumentale (11 mètres de long pour 5 mètres de diamètre), son installation était performée in-situ devant le siège du CNES dans une dramaturgie évoquant l’effervescence d’un chantier spatial.

Photo : CNES/Perrine Garnot