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Patrick Jean : la technique de l’imaginaire

Prix du meilleur court-métrage Audi talents en 2010 avec son film Pixels, adapté en long par Chris Columbus en 2015, Patrick Jean a ses bureaux à Hollywood. Entre clips, films publicitaires, mini séries, projets de longs et courts expérimentaux, il continue d’explorer les confrontations du digital au réel.

Y-a-t-il eu, dans votre parcours, un avant et un après Pixels ?

Oui, c’est certain ! Ça a tout changé, radicalement ! J’avais réalisé Pixels plus ou moins tout seul dans mon coin. Sony Pictures en a acheté les droits. J’ai gagné de nombreux prix. Ça m’a permis d’aller à Cannes, où j’ai rencontré l’agent avec qui je travaille aujourd’hui, puis de partir faire du consulting sur le long-métrage adapté de mon court par Chris Columbus. C’est grâce à mon film que j’ai obtenu un visa d’artiste pour les États-Unis. J’ai désormais des bureaux à Hollywood où je vais travailler tous les jours ! Tout ça est dû au succès du court…

Quels ont été vos principaux projets depuis ?

J’ai écrit un script adapté de la BD française Omni-Visibilis de Lewis Trondheim pour un projet de long métrage. J’ai réalisé des pubs (Hermès, Audi, Eurostar, Fendi…) ; des clips pour Boy’s Noize et d’autres artistes électro. J’aime beaucoup travailler sur des clips. Dès lors que la musique me plaît. On a un champ de liberté bien plus large que dans la publicité.

Qu’avez-vous appris de votre nouvelle vie ?

J’étais dans les effets spéciaux auparavant. J’ai commencé la réalisation au moment où j’ai fait Pixels. J’ai complètement changé de carrière. La réalisation est beaucoup plus axée sur l’écriture. C’est plus abstrait et plus incertain. Ce qui est dur, c’est de produire dix idées et qu’il n’y en ait qu’une qui voie le jour. Mais je suis loin de me plaindre ! C’est toujours un miracle qu’un projet arrive à aboutir. Et ça donne envie de se battre !

Sur quoi travaillez-vous actuellement ?

Je suis toujours en écriture sur le long métrage. Je viens de réaliser un petit film expérimental inspiré des tableaux de Magritte. Je suis en post-production pour un court-métrage personnel que j’ai tourné à Los Angeles, qui va sortir dans les jours qui viennent. J’aime développer des concepts visuels et greffer des histoires dessus. Je me considère comme une espèce de chercheur.  Je développe, en même temps, un projet de mini-série de dix fois 10 minutes qui sera tourné en Thaïlande en novembre.

Comment envisagez-vous le rapport entre l’imagination et la technique ?

J’essaie toujours de lier les deux. J’ai un background de technicien dans les effets spéciaux et la programmation. J’aime tout développer en même temps de manière organique. Cela peut être à la fois un avantage et un inconvénient par rapport à un réalisateur classique. Quand il y a un défi technique, j’aime essayer de le résoudre moi-même. Je ne suis jamais bloqué par la technique.

Avez-vous un Graal ?

J’aimerais vraiment réaliser ce premier long-métrage, et surtout j’aimerais qu’il soit bien ! Ça devrait arriver bientôt, j’espère. Les producteurs sont en recherche de financement. Ce sera un long-métrage en vue subjective un peu expérimental ; un film « high concept » comme on dit, avec une idée forte au départ, à la façon d’Un Jour sans Fin, un type se lève le matin et se rend compte que le monde entier peut voir à travers ses yeux.

Un artiste protéiforme

Révélé par le succès viral de son court-métrage Pixels, Patrick Jean vit et travaille à Los Angeles où il se consacre à la réalisation. Diplômé de Supinfocom, il se souvient d’avoir d’abord expérimenté sa vocation dans les années 1980 sur un Amstrad CPC 464 de 64kb de RAM ! Artiste protéiforme, qui compose fréquemment lui-même la musique de ses films, il développe son univers particulier aux confins du digital et de la réalité avec un talent singulier.

En savoir plus sur Patrick Jean : http://patrick-jean.com/