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Nouvelles conjonctions pour Nuit Blanche

Invités par Gaël Charbau, le directeur artistique de cette 17ème édition, quatre lauréats Audi talents participent à la Nuit Blanche, à Paris, du 6 au 7 octobre. Du Grand Palais à la Porte Dorée, en passant par Les Halles et le Marais, Hugo L’Ahelec, Théodora Barat, Emmanuel Lagarrigue et Eric Minh Cuong Castaing livrent – en grand ! – leurs constellations artistiques 2018.

Le programme de la Nuit Blanche 2018

Pour Hugo L’Ahelec, Théodora Barat, Emmanuel Lagarrigue et Eric Minh Cuong Castaing, le crépuscule du 6 octobre marquera le début d’une insomnie du genre rêvée par bien des artistes, au sein de l’une des plus prestigieuses manifestations artistiques de la Ville Lumière. Résultat d’une conjonction on ne peut plus naturelle ? Sans doute. Nommé directeur artistique de la 17e édition de Nuit Blanche, le commissaire et critique d’art Gaël Charbau accompagne également le programme Audi talents depuis plusieurs années. Il ne laisse pas de s’engager auprès de la jeune scène française. Plaçant la Nuit Blanche 2018 sous le signe de l’émergence, il a imaginé de relier créateurs et  lieux au public, le long de quatre lignes inventées qu’il a nommées « constellations ». Les disciplines artistiques, arts plastiques, danse, théâtre ou musique, s’y déclinent en quelque 200 propositions faisant rayonner les monuments de la capitale, emblématiques ou méconnus.
Imaginaire science fictionnel

C’est dans la « Constellation de l’Ile Saint-Louis », plus précisément aux Halles, qu’on aura l’occasion d’entrer dans l’imaginaire science-fictionnel de Théodora Barat. Lauréate Audi talents en 2016 avec un projet hybride mêlant vidéo et sculptures autour du modernisme rêvé d’un New-Jersey en déshérence (« Learning from New Jersey »), l’artiste continue de tirer le fil d’une fascination spatiale. Elle livrera à l’Observatoire de l’Espace du CNES une performance intitulée « Phase D » mettant en scène l’édification d’une sculpture inspirée par les stations de télécommunications spatiales. Oscillant entre spectacle et construction effective, la dramaturgie du chantier verra s’élever peu à peu, comme un trésor d’ingénierie, une structure monumentale. Délaissant la fonction, elle laissera transparaître, dans le vocabulaire plastique, la force d’attraction de l’Espace traduite en termes tant politiques que poétiques.

Théodora Barat – « Phase D » – Installation performance
Observatoire de l’Espace du CNES
2, place Maurice Quentin, 1er

Sacré spectacle

A quelques centaines de mètres de là, dans la Bibliothèque Forney abritée par l’exceptionnel Hôtel des archevêques de Sens, Hugo L’ahelec livrera un nouvel avatar de son questionnement sur notre rapport au transcendant et au sacré. Emettant l’hypothèse d’une imbrication entre rituel et culture du spectacle à l’ère de l’entertainment, son projet « The Death Show », empreint d’une approche à la fois esthétique, anthropologique et fictionnelle, avait séduit le jury Audi talents 2017. Dans le même esprit, son installation « Theatrum doloris. A burning stage. » souligne la dramaturgie organisant les transferts du religieux aux sociétés de divertissement. A mi-chemin entre décor funéraire et décor de théâtre, ses structures arborent les drapés typiques des grandes funérailles qui voilaient l’estrade supportant les cercueils aux XVIIe ou XVIIIe siècles. Entre mausolée et scène trahissant le règne du factice, entre grand-messe et carnaval, le jeune artiste pose le cadre d’un jeu fictionnel et ludique.

Hugo L’ahelec – « Theatrum Doloris. A Burning Stage. » – Installation
Bibliothèque Forney
1, rue du Figiuer, 4e

Bal lumineux interactif

Pendant ce temps au Grand Palais, Emmanuel Lagarrigue immergera ses spectateurs dans une expérience active. Revendiquant sa transdisciplinarité, le sculpteur, vidéaste, chorégraphe, metteur en scène et artiste sonore, a été primé aux Audi talents 2017 pour un projet aux confins du cinéma, du théâtre et de l’art contemporain (« electonic city »), interrogeant la déréalisation du monde moderne. C’est la production de l’espace qu’il explorera cette fois in vivo pour Nuit Blanche. Mettant en scène un bal lumineux composé de centaines de projecteurs de théâtre sur une composition musicale originale spatialisée, son installation « Produire, l’espace ! » invite le public à déambuler au sein d’une trame narrative fragmentée en assurant la construction d’un récit commun. A la fois témoins et acteurs, les visiteurs expérimenteront la façon dont les techniques codent et organisent l’espace physique et social.

Emmanuel Lagarrigue – « Produire, l’espace ! » – Installation
Grand Palais – Salon d’honneur
Entrée par le Palais de la Découverte, avenue Franklin Roosevelt, 8ème

Variations pour danses sensorielles

C’est à l’orée de la ville, enfin, dans la « Constellation de la Porte Dorée », qu’Eric Minh Cuong Castaing déploiera ses chorégraphies tout au long de la nuit. Egalement distingué aux Audi talents en 2017, le chorégraphe et artiste visuel, associé au Ballet National de Marseille, creusera le sillon de son questionnement sensible sur l’influence de l’image sur un corps en mouvement. Primé l’an dernier pour son projet de performance et de moyen métrage – « L’Age d’Or » – mettant en scène la rencontre d’enfants handicapés moteur et de danseurs professionnels, il proposera dans Nuit Blanche deux créations chorégraphiques initiant un dialogue entre communautés humaines et non humaines : chorégraphie pour jeunes enfants en symbiose avec de petits robots humanoïdes, dans « School of Moon » ; et clubbing sensoriel dans « Sous influence ». Une expérience de danse collective contaminante : les performeurs – tous amateurs et volontaires – se laissant entraîner par une irrésistible transe emmenée par un DJ set électro.

Eric Minh Cuong Castaing – « School of Moon » et « Sous Influence » – Danse
Rue Montesquiou-Fezensac (accès par le parking du lycée), 12ème