Découvrez
les autres actualités

« Les musiques à l’image sont un courant artistique à part entière » 

Laurent Bayle est le directeur général de la Philharmonie de Paris où se déroulera les 3 et 4 décembre pour la deuxième année le Week-end des Musiques à l’image, co-produit avec Audi talents awards. A cette occasion, il revient sur l’importance des musiques à l’image dans la création contemporaine et la place de ce courant artistique dans la programmation de la Philharmonie.

 

En quoi la Philharmonie est-elle associée à la programmation du Week-end des Musiques à l’image ?

L’image véhiculée par Audi talents awards épouse celle de la Philharmonie. Nous proposons tous deux une modernité qui a déjà une certaine assise et qui représente une alternative aux modèles traditionnels en bout de course. A la Philharmonie, nous proposons une offre plus riche et plus actuelle qu’un simple concert en y joignant d’autres modes d’appropriation comme des ateliers, des expositions et des rencontres. Nous sommes les seuls à croiser toutes les époques et tous les styles. Un lieu qui se veut moderne et qui s’ouvre à de nouvelles musiques ne peut échapper à la question de l’image. Ainsi, depuis le rôle de plus en plus prégnant du cinéma dans l’univers de la musique et l’irruption des nouvelles technologies, les musiques à l’image sont devenues un courant artistique à part entière. C’est pourquoi la Philharmonie se tourne vers cet art et ces artistes versés dans le cinéma.

 

Tout au long de l’année, les musiques à l’image sont donc représentées à la Philharmonie ? 

Oui, car nous ambitionnons de faire venir de nouveaux publics, plus jeunes, par notre position géographique d’une part mais aussi par une programmation éclectique. Les « concerts et spectacles » s’inscrivent dans cette stratégie.

 

Les musiques à l’image semblent être une discipline en pleine évolution. Comment percevez-vous ce phénomène ?

Le programme Audi talents awards a touché un sujet sensible qui va évoluer dans les années à venir. A tel point qu’aujourd’hui, ce courant se décline en de multiples sous-cultures. Je pense aux films muets mais aussi aux films auxquels on retire les parties musicales pour les confier à d’autres musiciens…  Ainsi, le lien longtemps peu exploré entre cinéma et musique a su se faire une place dans l’univers culturel grâce à des couples comme Sergio Leone et Ennio Morricone, Spielberg et John Williams ou Bernard Herrmann et Hitchcock. Jim Jarmush et Spike Lee dont nous explorons les univers lors du Week-End des Musiques à l’image 2016 s’inscrivent dans cette école et associent systématiquement la musique à leurs films.

 

Comment avez-vous conçu la programmation du Week-End des Musiques à l’image 2016 ?

Le choix d’aller explorer des territoires de musiques de jazz et de musiques actuelles s’est fait en partenariat. Tout d’abord, nous avons conservé notre philosophie habituelle de week-ends au cours desquels gravitent tout au long de la journée plusieurs événements autour des concerts. Nous proposons des expériences d’atelier pour les adultes et les enfants, des rencontres avec les compositeurs…

Concernant les concerts, après le compositeur Alexandre Desplat l’année dernière et son univers assez classique, nous avons souhaité cette année mettre en avant des réalisateurs qui s’approprient des musiques plus contemporaines.