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« La musique doit sublimer l’image »

Romain Benitez est le lauréat Audi talents awards Musique à l’image 2016. Prolifique et curieux, ce compositeur multi-instrumentiste donne un aperçu de son talent à l’occasion Week-end des Musiques à l’Image, les 3 et 4 décembre, à la Philharmonie de Paris.

Comment définiriez-vous votre univers musical ?

Ancien étudiant en musicologie, je suis passionné par les symphonies mais je n’ai pas les armes ni les moyens pour composer une symphonie classique. Mais grâce au travail en équipe et à la technologie, j’essaie de  proposer une déclinaison plus contemporaine. Je travaille notamment sur une dimension orchestrale classique que l’on enrichit par des sonorités électro et du sound design.

 

Quel projet vous a permis de remporter l’Audi talents award ?

« Infinite » est né de mon intérêt pour l’astronomie. Je m’intéresse au rapport entre l’immensément grand et l’humain que j’ai voulu traduire en musique et que j’imaginais bien traité par le mariage entre musique et image. En revanche, je ne savais pas comment concrétiser cette idée qui avait germé dans mon cerveau. J’ai alors rencontré les gens du studio « Bonjour Lab ». Ils ont imaginé un écosystème génératif que je vais développer tout au long de l’année. C’est-à-dire que grâce à un logiciel spécifique, ma musique va générer une image abstraite dont la texture évoluera. Tantôt nébuleuse, tantôt gazeuse, tantôt froide, tantôt fluide… Les notes seront attribuées à des formes, vitesses, puissances… En jouant ce morceau en live, je produirai de l’image en direct.

 

Musique et image sont donc intrinsèquement liées ?

Pour moi la musique souligne le propos de l’image, le sublime mais de façon subtile. Pour être aussi évocatrice, nous devons travailler sur chaque seconde d’un morceau. On doit être dans une précision absolue.

 

Le but étant de procurer des émotions au public ?

Oui mais des émotions intelligentes, l’idée n’est pas de faire pleurnicher, je veux déclencher quelque chose de plus profond. L’expérience m’a appris ce qui fonctionne, c’est un chemin étroit entre émotion et technicité, mathématique.

 

Vous êtes associé au Week-end des Musiques à l’image 2016, que proposez-vous au public ?

Je rends hommage à la relation entre Spike Lee et Terence Blanchard en introduction au concert à La Philharmonie de Paris « The Movie Music of Spike Lee & Terence Blanchard ».

J’ai travaillé sur un court métrage de 3 à 5 mn qui personnifie leur relation et sur lequel je propose une composition de jazz fusion et jazz hard bop juste avant que ce légendaire compositeur entre en scène.