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Les nouveaux territoires d’Isabelle Daëron

Elle conçoit des installations pour les espaces publics, compose des vitrines pour Hermès, vient de signer une lampe baladeuse pour Leroy Merlin… Interrogeant l’esprit du lieu, réconciliant ville et nature, avec la poésie et l’exigence d’une designer soucieuse de nous reconnecter à notre environnement, Isabelle Daëron impose son art enchanteur depuis le design urbain jusqu’à la scénographie en passant par la recherche et le design d’objets. Lauréate Audi talents en 2015 pour son projet « Topiques ou l’utopique désir d’habiter les flux », elle évoque pour nous sa foisonnante actualité 2019.

La lumière, le vent, l’eau… Votre travail semble empreint des éléments de la nature, qu’est-ce qui sous-tend votre design ?

Ce qui est important pour moi est de concevoir un projet à partir d’un contexte. C’est aussi pour ça que l’espace public m’intéresse. Il s’agit à chaque fois de travailler à partir d’un site, des gens qui y habitent, de son histoire, de ses matériaux, de ses couleurs… Alors qu’aujourd’hui les espaces se ressemblent de plus en plus, je trouve important que les créateurs au sens large s’engagent à travailler sur des propositions spécifiques.

Vous venez de créer une lampe pour Leroy Merlin, qu’est-ce qui vous l’a inspirée ?

C’était une commande de Leroy Merlin pour l’international. La demande de départ portait sur une lampe d’extérieur qui puisse s’adapter à l’environnement : un jardin, un balcon, différents espaces… La lampe Bodø (ci-contre) est associée à deux supports : un support mural et un pied. Elle peut s’accrocher à un arbre ou un parasol, mais elle peut aussi être fixée à un mur et devenir un petit lampadaire extérieur. L’univers formel rappelle les bouées maritimes qui sont souvent composées d’une partie ronde et d’une poignée pour la récupérer, c’était une manière d’induire un déplacement, une gestuelle.

Vous signez aussi des vitrines Hermès ?

On a commencé à collaborer avec Hermès en 2016. Le premier projet, au siège d’Hermès Japon, a investi deux grandes vitrines et seize petites. Il déclinait différents états de l’eau, sous forme d’une grande vague qui racontait l’histoire de l’interaction entre l’eau et les produits Hermès. Nous travaillons aujourd’hui sur beaucoup de projets de vitrines en France et à l’étranger. Si je ne l’avais pas envisagé avant, c’est un exercice qui me plaît : ça fait travailler l’espace, la narration, et c’est une forme d’espace public aussi !

Ci-dessous, scénographie des vitrines Hermès par Isabelle Daëron. Photos : Vivian Daval.

En parlant d’espace, vous explorez aussi le champ du design urbain…

Le design urbain me plaît en ce qu’il s’adresse à tous et n’est pas élitiste. L’espace public c’est aussi la possibilité de travailler avec d’autres disciplines, des urbanistes, des services techniques, des paysagistes… Il permet aussi de répondre aux enjeux hyper importants qui ne manquent pas en ce moment ! L’adaptation des villes aux enjeux climatiques, les mobilités douces, la végétalisation (…) sont autant de sujets sur lesquels on a vraiment besoin de trouver de nouvelles idées, d’imaginer de nouveaux dispositifs.

À quels espaces vous consacrez-vous à présent ?

Nous avons décroché plusieurs concours ou appels d’offres. Nous travaillons sur une fontaine pour la Ville de Rennes et une signalétique pour le Quartier Manufacture à Saint-Étienne qui sera livrée fin 2019. Nous avons également conçu « Aéro-Seine », un dispositif de rafraîchissement relié au réseau d’eau non potable, pour la Ville de Paris. Il sera testé cet été devant le Pavillon de l’Arsenal et dans le 20ème arrondissement. Le studio fait aussi partie de l’équipe lauréate du concours « Réinventer Paris » pour le site de la gare d’Auteuil avec la Compagnie de Phalsbourg.

 

« Ma Petite Cabane », le projet de réhabilitation du site de la Gare d’Auteuil, auquel le studio Isabelle Daëron participe dans le cadre du programme « Réinventer Paris 2 ».

Reconnecter l’homme aux flux naturels

Récompensée en 2015 pour son projet « Topiques ou l’utopique désir d’habiter les flux », Isabelle Daëron se demandait alors comment concevoir des dispositifs tirant parti des ressources naturelles (l’eau, l’air, la lumière) sur leur lieu de production afin d’en réduire au maximum les étapes de transformation. Constitué de dessins, d’installations, de prototypes et d’un livre, le projet, dont l’exposition inaugurait avec brio la Galerie Audi talents en novembre 2016, a été particulièrement remarqué.

Retrouvez ici l’exposition.