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Grégory Hervelin : une expérience immersive du cinéma

Lauréat en 2009 des Audi talents awards dans la catégorie court métrage avec l’acide Patrons, employés, même combat, Grégory Hervelin présentera son nouveau projet dimanche 22 novembre dans le cadre du Weekend des Musiques à l’Image, à la Philharmonie de Paris. Conçu à quatre mains avec le musicien Gaël Barbieri, Lookin’ for the Nite est un film à voir, et écouter, en live.

Les InRocKs : Comment TheUP, votre collaboration avec Gaël Barbieri, a-t-elle débuté ?

Grégory Hervelin : Nous travaillons souvent ensemble : je réalise ses clips tandis que lui fait la bande-son de mes films, comme Vroum Vroum, un court métrage que j’ai réalisé pour Audi. Avec TheUP, l’idée était vraiment de collaborer sur un projet commun, en intervenant sur le travail de l’autre. Lookin’ for the Nite est à la fois un film à danser et un album à regarder. Nous voulions essayer une narration différente. Pour cela, nous avons travaillé en parallèle sur le montage et la musique, en faisant de nombreux allers-retours. Le film est divisé en épisodes, qui correspondent chacun à un morceau de musique. Quant aux paroles des chansons, écrites en collaboration avec Imre Lodbrog, elles complètent l’histoire.

Les InRocKs : Lookin’ for the Nite suit les errances nocturnes d’un personnage en fin de soirée…

Grégory Hervelin : C’est un fêtard en fin de parcours, un mec qui a fait la fête pendant trop longtemps, qui en a abusé.  Ce type de personnages, à la marge, m’intéresse.

Les InRocKs : Comment s’est déroulé le tournage ?

Grégory Hervelin : Nous avons tourné avec une équipe réduite en plusieurs sessions, à Londres, Paris et Barcelone. Nous avions à chaque fois une petite idée de ce que nous voulions filmer, mais rien de précis, juste une phrase pour chaque épisode. En fonction des décors, des gens, de l’atmosphère, je donnais des indications à l’acteur, Gilles Degivry, qui interprète le personnage principal et dont c’était le premier film.

Les InRocKs : Vous présentez pour la première fois le projet au Weekend des Musiques à l’Image. En quoi va consister cette projection live ?

Grégory Hervelin : C’est un ciné concert électro-rock. Le film sera projeté sur grand écran et la bande originale jouée live sur scène. Tout doit être parfaitement synchronisé, l’image et le son s’entremêlant. C’est une comédie musicale (assez dark). Après cette première, nous aimerions partir en tournée avec TheUP. Dans le cinéma itinérant américain du début du siècle, les réalisateurs projetaient eux-mêmes leurs films de village en village. C’est une relation au public qui a un peu disparu dans le cinéma. A part dans les festivals où le réalisateur vient présenter son film, il y a peu d’interactions avec les spectateurs.

Les InRocKs : Le live est accompagné d’une installation, de quoi s’agit-il ?

Grégory Hervelin : C’est un genre de « bonus track », un complément. L’installation est une grande guitare qui contient une visionneuse super8 et un componium. En regardant dans la rosace, le spectateur peut voir un court film qui donne une clé supplémentaire à la fin de l’histoire. La bande sonore et la pellicule du film étant très fragiles, elles vont, petit à petit, se détériorer, se rayer jusqu’à ce que le film se casse et le papier se déchire… C’est une expérience limitée dans le temps.

Les InRocKs : Vous aviez déjà construit des installations qui deviennent des espaces de visionnage de vos films. Dans The Dead Man Box par exemple, une cabine transportait le spectateur dans une exploration de la ville…

Grégory Hervelin : J’aime bien construire des objets bizarres ! Cela m’intéresse de proposer des salles de projection individuelles, quelque chose que les spectateurs regardent un par un. Avec The Dead Man Box, je trouvais intéressant d’enfermer le spectateur seul dans une boîte, pour qu’il puisse réagir comme il le voulait, sans que d’autres personnes ne puissent le voir. J’ai aussi décliné cette installation pour la maison Hermès en créant le Kellydoscope.

Les InRocKs : Quels sont vos projets pour la suite ?

Grégory Hervelin : Je travaille avec Aurélie Herrou sur un long-métrage, In the Box. C’est l’histoire d’un « coming of age », le passage de l’adolescence à l’âge adulte, de deux étudiants sur un campus américain, l’un est joueur de hockey sur glace et l’autre, étudiant en informatique… Nous sommes actuellement en post-production et Gaël Barbieri compose la musique.