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 Les finalistes 2018

Le comité artistique a sélectionné 10 finalistes, candidats à l’appel à projets Audi talents 2018. En lice pour la finale, des solos et trois duos : Marielle Chabal, Grégory Chatonsky, Junkai Chen, Léonard Martin, Eva Medin & Guillaume de la Forrest Divonne, Mathilde Pellé, David Pergier & Nicolas Fenouillat, Emma Pflieger & Antoine Foegle, Clara Rivière, Charlotte Vitaioli & Joachim Monvoisin. Tous ont défendu leur projet le 4 juin au Palais de Tokyo, à Paris, devant le jury composé de Paula Aisemberg, Christophe Chassol, Vittoria Matarrese et Felipe Ribon.

Marielle Chabal – Al Qamar

Dystopie 3D

Un film à l’écriture singulière avec une ville comme décor, pas simplement un arrière-plan mais un outil producteur de significations. Une ville comme un gigantesque échiquier d’objets/bâtiments pensés à partir de sculptures d’artistes invités. Un film comme une possibilité.  Une heure d’un film dont la première partie présenterait une cité via ses architectures et la communauté dystopique qui l’habite. A cette production, viendrait s’ajouter une exposition mettant en scène différents éléments documentant le tournage : murs d’affiches, vitrines avec costumes, une maquette en 3D dans laquelle s’est déroulé le film, tourné entièrement avec un procédé d’incrustation (fond vert). Complété par des performances et des installations, l’ensemble de ce dispositif montre la capacité de la fiction à participer à la construction de nos vies, un message martelé par les différentes productions de cette artiste plasticienne protéiforme.

http://cargocollective.com/mariellechabal

Grégory Chatonsky – Terre Seconde

Le cogito de l’imagination artificielle

« Terre Seconde est une autre Terre, une planète de remplacement, un vaisseau dérivant dans l’espace ou l’hallucination d’une machine. » Un autre monde créé par une intelligence artificielle. Initié il y a plus d’un an à la suite d’expérimentations « tous azimuts » d’un logiciel de « deep learning », le projet de Grégory Chatonsky s’est nourri du constat que « la machine devenait capable de représentation, de mimesis. » Résultat, cette Terre Seconde, produite par une machine : minérale, sonore, liquide, peuplée d’organismes… Un monde à « visiter » dans une exposition évolutive associant installation sonore, vidéo 360 et structure en aluminium modulaire. Avec pour objectif de la part de l’artiste : « rendre sensible l’ambiguïté de cette imagination artificielle qui doute radicale­ment de son statut. » Figure reconnue du « Netart », Grégory Chatonsky a participé à de nombreuses expositions personnelles et collectives à l’Etranger et en France. Artiste-chercheur à l’École Normale Supérieure de Paris, Grégory Chatonsky y dirige un séminaire sur l’imagination artificielle.

http://chatonsky.net/

Junkai Chen – Paysages Sonores

Musique au gré du vent

Un paysage mouvant, animé de soubresauts et de vagues, ballet de points flottants dirigés par le vent, le Paysage Sonore que propose Junkai Chen est une installation sonore et plastique composée de balles mues par des souffles d’air verticaux. Variant au gré de l’intervention d’un mixage associant sons naturels (pluie, vent…) et artificiels (musiques, bandes son, voix…), les balles, sortes de pixels autonomes, ont leur propre amplitude. Evoluant selon les transformations du signal sonore, elles composent dans leur rapport les unes avec les autres, une forme en mouvement, un dessin mouvant. Programmées à l’avance ou générées par une action du spectateur, les séquences sonores peuvent être multiples (voix, bruit, musique…) et produisent des effets visuels différents selon différents critères (texte, langue, timbre de voix, fréquence, mélodie, harmonie…). Passé par le Conservatoire, l’Ecole nationale supérieure d’art de Nice-Villa Arson, et Le Fresnoy-Studio national, Junkai Chen (31 ans) explore le champ de la performance, l’interaction entre installation numérique, musique et mouvements du corps.

www.chenjunkai.com

Léonard Martin – Picrochole (titre provisoire)

Renaissance, carnaval et jeu vidéo

Film de marionnettes, au croisement de l’histoire de la peinture, de la littérature et de la culture populaire, « Picrochole » (référence au belliqueux monarque de Rabelais) est de ces projets qui lancent des ponts entre les époques et les formes. Diplômé de l’École nationale supérieure des Beaux Arts de Paris et du Fresnoy-Studio national, Léonard Martin, 27 ans, y approfondit les rapprochements qu’il opère depuis quelques années entre les disciplines, dont la peinture et le cinéma. Reconstituant ici la mise en scène de la bataille de San Romano peinte par Paolo Uccello vers 1456, il emprunte ses codes à la culture populaire du carnaval autant qu’à l’esthétique du jeu vidéo et au jeu de rôle. L’installation se déploiera sur 6 écrans synchronisés à la manière d’un diorama. Réalisées pour le tournage, les 5 marionnettes géantes (3 mètres de haut) seront également exposées. En juxtaposant l’invention de la perspective de la Renaissance italienne et la représentation du mouvement du peintre florentin aux nouveaux regards portés sur le corps et le paysage à l’ère numérique, le jeune homme souhaite offrir un dialogue ludique entre les époques.

Eva Medin & Guillaume de la Forest Divonne – Waste Conquest

Les vertiges sculptés de débris spatiaux

C’est sa sensibilité écologique au problème des débris spatiaux qui a inspiré à Eva Medin (30 ans) le projet Waste Conquest. Partant du constat que l’exploration et la conquête de nouveaux territoires engendrent une pollution de ces nouveaux espaces, elle a souhaité soulever un paradoxe : la non- gestion de ses déchets ne va-t-elle pas finir par enfermer l’Homme en quête d’ailleurs dans sa ceinture orbitale ? Ayant déjà développé avec Guillaume de la Forest Divonne (31 ans) un vocabulaire commun sur des questions touchant au cadre, à la lumière, au chorégraphique, elle a souhaité prolonger leur réflexion au service d’une nouvelle œuvre à la frontière entre art plastique, installation et vidéo. Au centre du dispositif, le spectateur est surplombé par une sculpture au mouvement elliptique, tandis que des vidéoprojecteurs projettent un panorama à 360 °, rappelant les dispositifs originels du cyclorama et de la lanterne magique. A l’image du champ gravitationnel d’un astre, la forme plastique de l’accumulation de débris devient petit à petit un motif inquiétant, allant jusqu’au vertige.

https://www.evamedin.com/

Mathilde Pellé – Soustraire d’aplomb

Eloge de la soustraction

« Soustraire, dit-elle, est devenu la brèche qui (lui) permet d’assumer (son) rôle de designer. » Parce qu’elle a eu soudain l’impression que sa discipline lui demandait d’ajouter, tandis que le monde contemporain et ses tensions l’appelaient à modérer l’opulence d’objets, Mathilde Pellé a commencé il y a deux ans une recherche sur les pratiques soustractives appliquées à la matière, aux fonctions et aux besoins. Estimant nécessaire de penser la soustraction comme un champ de possibilités positives, la designer de 31 ans, diplômée de l’ENSAD, a développé plusieurs approches. Son projet, Soustraire d’aplomb, vise, dans ce cadre, à réaliser des objets manifestes. Issu d’une réflexion sur l’usage du lest dans le design, il décrète que la matière utilisée uniquement pour faire poids et stabiliser un objet est inutile et propose de nouveaux types d’objets : vides ou nus (paravent, liseuse, lampe, brique), ils « doivent être établis dans leur fonctions par l’intervention de l’utilisateur qui trouve lui-même dans son environnement le leste nécessaire à l’installation ».

http://mathildepelle.fr/

David Pergier & Nicolas Fenouillat – Nebula

En quête de son à l’état pur

Le premier, designer, plasticien, aime à « questionner la symbolique que nous entretenons avec les objets ». Le second, plasticien, musicien et performeur, explore l’interactivité entre le public et les œuvres, propose d’autres formes de circulations, de déplacements et d’appréhensions d’une oeuvre. Ensemble, David Pergier (35 ans) et Nicolas Fenouillat (40 ans) ont imaginé un espace où l’écoute serait totale. Inventant une nouvelle façon d’appréhender des pièces sonores, Nebula se rêve aussi en nouvel outil invitant les artistes et les musiciens à produire des travaux spéciaux. Composé d’une toile acoustique tendue sur une structure en fibre de carbone, à la fois massif et léger, il diffuse le son via plusieurs haut-parleurs répartis dans un dôme ainsi que sur un « lit d’écoute ». Un système par inversion de phase court-circuite l’environnement et crée la pureté d’écoute.

WORK


Emma Pflieger & Antoine Foegle  – Postmodern Paleontology

Dioramas pour dinosaures du futur

Le projet des deux jeunes designers interroge, en prenant notamment appui sur le débat qui oppose les darwinistes aux créationnistes aux Etats-Unis, les différentes interprétations de la figure du dinosaure. Prenant la forme d’une exposition qui se propose d’anticiper le devenir de la paléontologie, Postmodern Paleontology consiste en trois maquettes modèle réduit mettant en scène une fiction autour de l’image (tour à tour populaire, scientifique, politique…) du dinosaure. Un film associant les prises de vue de chaque décor/diorama à des images d’archives autour des différentes représentations de l’animal préhistorique complète le dispositif. Diplômés du Master Espaces et Communication de la Haute école d’art et de design de Genève et d’un Design Master Produit à l’École Cantonale d’Art de Lausanne, les deux designers-scénographes ont récemment présenté leur projet très remarqué lors de la Design Week de Milan 2018.

Clara Rivière – Le Vivant : objet de mythe

Le design dans le champ du sacré

Le projet de Clara Rivière, 26 ans, interroge la possibilité pour le design d’instaurer de nouveaux mythes et rituels contemporains. Questionnant notre rapport au vivant, la jeune femme diplômée de l’ENSCI – Les Ateliers, imagine diverses installations sacralisant différents éléments essentiels à la vie sur Terre. Nés de ses échanges avec des scientifiques (un expert en hydro-sciences, un professeur en science et vie de la terre, un expert en astronomie) et réalisés par des artisans (repousseur, ébéniste, compagnons tapissiers…), trois objets, baptisés Eau, Sol et Cosmos figurent les media d’un culte au vivant et aux cycles dont il dépend. Un autel à eau de pluie, un jeu aux allures totémiques et un cadran solaire réintroduisent le design contemporain dans le champ du sacré. Les formes proposées décentrent l’humain et invitent à réfléchir à notre manière d’être au monde.

http://clarariviere.fr/

Charlotte Vitaioli & Joachim Monvoisin – La Grande Terre

Installations performatives pour manipulation de récit

Intitulées « Le Campement » et « La Cité Abandonnée », les installations performatives, que proposent Charlotte Vitaioli et Joachim Monvoisin, constituent deux des trois actes autonomes d’un western : La Grande Terre. Il est question ici d’un monde post-apocalyptique, dans lequel un peuple disparaît subitement après des années d’errance dans le désert. De cette humanité qui tentait de se reconstruire, il ne reste que Barbara, sorte de Don Quichotte au féminin, qui va s’efforcer de survivre, par son imaginaire, son innocence. Se déclinant sur le principe d’une lecture augmentée, les deux installations mettent en scène, sous la forme de tableaux vivants, un ensemble de décors et de costumes manipulés par des figurants. A la fin des représentations, les pièces laissées sur place font œuvre dans l’espace d’exposition. Les jours suivants, une vidéo présente l’action passée pour les spectateurs à venir. Les deux artistes plasticiens de 31 ans questionnent, par leur projet, la porosité entre les disciplines et proposent une nouvelle manière de manipuler le récit en le déclinant sous plusieurs registres.

http://base.ddab.org/charlotte-vitaioli