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« Etre attentif à l’émergence »

A quelques heures de l’inauguration de l’exposition de Florent et Romain Bodart « Musique Meuble, terrain de jeu graphique et sonore » à la Galerie Audi talents, Vincent Carry, directeur d’Arty Farty et commissaire de l’exposition, revenait pour nous sur sa rencontre avec les lauréats Audi talents awards Musique à l’image 2015.

 

Qu’est-ce qu’Arty Farty ?

Arty Farty est une structure culturelle qui est née en 1999 à Lyon. Nous avons créé le festival Nuits sonores en 2003 puis le forum European Lab avant d’internationaliser ces deux événements avec des éditions à Tanger, à Séoul, en Colombie, en Belgique… Aujourd’hui, notre galaxie s’est étendue avec une agence de booking à Paris, un lieu culturel à Lyon (Le Sucre) et du management, notamment de Laurent Garnier. Nous travaillons actuellement sur un projet d’incubateur culturel. En tout, nous employons une soixantaine de salariés.

Quelles sont ses missions ?

Notre ambition est de décrypter les enjeux culturels dans les différents domaines de la créativité contemporaine. On organise des forums, des conférences, des temps de connexion, de médiation. Nous essayons de conjuguer exigence artistique et veille prospective. Nous sommes très attentifs à l’émergence…

Comment avez-vous pris part à l’exposition de Florent et Romain Bodart ?

J’étais membre du jury Audi talents awards en 2015. Nous avons étudié 220 propositions dans la catégorie Musique à l’Image et celle de Florent et Romain Bodart est nettement sortie du lot. La rencontre avec eux a aussi été déterminante, leur personnalité a compté presque autant que leur travail… Ce tandem nous a touchés par sa combinaison de rigueur et d’humilité, qui est immédiatement perceptible. Ils me paraissent aussi extrêmement emblématiques de la génération d’artistes ascendante car ils sont dans une logique de curiosité transdisciplinaire qui les fait s’intéresser à tout : à l’image, au graphisme, au design, au cinéma… Ils ont envie de connecter ces champs les uns aux autres. Ils sont aussi en plein dans le « do it yourself ». Romain et Florent ne veulent pas être spectateurs mais clairement mettre les mains dans le cambouis, être des artisans. Ce que je trouve intéressant dans leur boulot, c’est qu’il donne un sentiment d’intimité…

Quel rôle avez-joué dans l’élaboration de l’exposition ?

Ces deux jeunes artistes avaient par définition une expérience assez courte et ils n’avaient jamais fait d’expo de cette nature. Il a donc d’abord fallu les rassurer sur le fait qu’ils en avaient largement les ressources. En revanche, je n’ai pas voulu interférer dans leur dynamique créative. C’est mon mode de fonctionnement mais c’est aussi parce-que malgré leur jeune âge, leur maturité me laissait deviner qu’ils seraient très exigeants. Néanmoins, nous sommes restés en dialogue au fil des semaines de préparation. Nous parlions du nom des œuvres, de la définition d’une cohérence, de la répartition des installations dans l’espace, de l’histoire à raconter…

Vous êtes aussi intervenu sur la programmation périphérique autour de l’événement ?
Oui, nous avons apporté notre aide sur l’animation des trois semaines d’exposition. Nous avons essayé de mobiliser des communautés autour de leur travail pour créer de la densité. Nous avons embarqué dans l’aventure les magazines Etapes et Kiblind. Il faut être malin pour attirer l’attention sur des jeunes, aussi prometteurs soient-ils. C’est dans cette partie que je me suis le plus impliqué. Il fallait créer les conditions pour que leur travail soit vu, partagé et reconnu.

http://nuits-sonores.com