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Dominique Rocher : Paris zombie

Nouvelle pierre à l’édifice de la french touch fantastique, La Nuit a dévoré le monde, premier long métrage de Dominique Rocher, lauréat Audi talents Court-Métrage 2011, sort le 7 mars sur les écrans.
Retour sur le genre et sur la genèse du film avec son réalisateur.

Comment est née « La Nuit a dévoré le monde » ?

Dominique Rocher : Je venais de finir La Vitesse du Passé (NDLR : le court métrage produit grâce à son prix Audi talents) qui m’avait permis de rencontrer les productions Haut & Court. Carole Scotta a vu le film. Est née l’envie de faire un long ensemble. J’ai découvert à ce moment-là le livre de Pit Agarmen, pseudonyme et anagramme de l’écrivain Martin Page. J’y ai trouvé beaucoup de thématiques qui m’intéressaient ; des choses que j’avais un peu évoquées dans mes courts métrages précédents : l’isolement, le rapport aux autres, l’écoulement du temps… Le fait qu’il mette en scène un personnage seul dans un immeuble, dans un décor unique me paraissait bien pour un premier film. On est partis sur l’adaptation du roman.

Anders Danielsen Lie, Golshifteh Farahani, Denis Lavant… Vous avez décroché une distribution de très haut-vol. Comment s’est passé le casting ?

D.R. : J’ai découvert Anders Danielsen Lie pendant le processus de développement du film. Il avait ce truc : je savais qu’il allait englober le film. J’ai compris qu’il y aurait une phase de réécriture par laquelle on arrangerait le scénario autour de lui. J’ai passé une semaine à Oslo à faire sa connaissance. Le côté musicien du personnage lui correspond notamment. Il a fait le Conservatoire, en plus d’être acteur et médecin.Pour le rôle féminin, j’avais envie d’un personnage un peu en opposition au style nordique d’Anders. C’était un rêve de faire un film avec Golshifteh. Je connaissais bien sa filmographie. Je suis allée la voir au théâtre. Et elle a accepté de faire le film !Pour Denis, ça a été pareil. Je voulais un acteur très physique. C’était le casting idéal pour ce personnage un peu compliqué, muet, enfermé dans un ascenseur. J’ai eu énormément de chance en fait !

D’où vient votre goût pour le film de genre ?

D.R. : J’ai une sensibilité pour le cinéma fantastique depuis toujours. Il y a dans tous mes courts métrages des postulats fantastiques, de science fiction ou d’horreur. Pourquoi j’ai pris ce parti ? Je n’ai pas encore la réponse.  Je me dis que j’ai pris la place qu’on m’a laissée. Comme dans une famille où il y beaucoup d’enfants et où on arrive le dernier… Le cinéma de genre français n’existait presque pas. Ca m’a donné encore plus envie d’en faire parce que j’aime ce cinéma-là et que j’ai l’impression qu’il y a quelque chose à défendre.

Il y a mille façons d’aborder le cinéma fantastique, de traiter avec l’esthétique, avec les effets spéciaux. Quelle a été la vôtre ?

D.R. : En l’occurrence, on est parti sur un traitement plutôt réaliste pour donner un sentiment ultra-réaliste dans une histoire complètement fantastique. Pour les zombies, on a préféré le maquillage. Les effets spéciaux étaient nécessaires, mais ils sont distillés et mélangés à d’autres plans. L’idée, est de trouver le ton juste. La Nuit a dévoré le monde est un film plutôt intime. C’est un huis-clos plus qu’un film d’action.

A l’heure de la sortie du film, dans quel état d’esprit êtes-vous ? Le trac ?

D.R. : Pas vraiment… Le film a été sélectionné à Angers en compétition, et hors compétition à Rotterdam et Gérardmer. Les projections que j’ai faites en province et en festivals se sont bien passées, les retours sont plutôt bons. Je n’ai pas trop de pouvoir sur l’accueil du film. J’ai l’impression d’avoir fait mon travail. Evidemment, ça sera du bonus si le film marche bien en salle, mais je commence déjà à me tourner vers l’avenir. Je développe depuis quelque temps une série de science-fiction avec Arte, très librement adaptée de La Corde, de Stefan Aus Dem Siepen. Et je puis je réfléchis à mon deuxième film, peut-être avec Haut & Court…

 


 

Avant La Nuit
Retrouvez le making of de La Vitesse du passéAvec ce court-métrage réalisé en 2011 grâce à son Audi talents award, Dominique Rocher signait un premier film d’anticipation poétique, confrontant l’amour à l’épreuve du temps. Avec au casting, Mélanie Thierry, Alban Lenoir, Romain Giraud, cascades et effets spéciaux. Salué par de nombreux prix en festivals, La Vitesse du passé a permis à Dominique Rocher de rencontrer Carole Scotta, de Haut & Court, la productrice de son premier long métrage.

Le pitch

Au lendemain d’une fête dans un bel appartement haussmannien, Sam se réveille dans un Paris muté. Plus personne, sinon le peuple des morts vivants qui a soudain envahi la ville. Terrorisé, le solitaire qu’il est va devoir se protéger et organiser sa survie. Mais est-il vraiment le seul survivant ? Huis-clos percutant, La Nuit a dévoré le monde pose la question de l’isolement et du rapport aux autres. A la fois fantastique et intime, il suit au plus près de ses peurs un Robinson Crusoé moderne cherchant son équilibre sur une île déserte en forme d’immeuble parisien, entouré de zombies.