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David Lynch, la musique de l’étrange

Un hommage est rendu à son univers par David Coulter et de nombreux musiciens dans le cadre du Week-End des Musiques à l’Image 2015. Si les œuvres de David Lynch sont aussi singulières, il est le premier à reconnaître que la musique à l’image y est pour beaucoup. « Le son est presque comme une drogue. C’est tellement pur que dès que ça entre dans vos oreilles, cela provoque immédiatement quelque chose en vous. » La preuve en 5 films.

Eraserhead, en solo

Dès Eraserhead (1977), son premier long-métrage, elle dynamite les sens du spectateur en apportant un contrepoint dramatique qui renforce l’aspect irréel, onirique. Ainsi en va-t-il de l’inquiétante scène où la Lady in the radiator aux joues hypertrophiées psalmodie « In heaven, everything is fine », une chanson écrite par le réalisateur, qui se prêtera également à l’exercice pour « Twin Peaks : Fire Walk with Me », « Mulholland Drive »… Blue Velvet : naissance d’un duo En 1986, sur le tournage de Blue Velvet, Lynch doit faire appel à un coach vocal pour la scène où Isabella Rossellini chante le titre éponyme de Bobby Vinton (1963).

La production fait appel à un certain Angelo Baladamenti. Très vite, les hommes se lient d’amitié et composent ensemble pour la chanteuse Julee Cruise le titre « Mysteries of love », inspiré du « Sirens of love » de Tim Buckley dont il n’avait pas réussi à acquérir les droits.

Twin Peaks, recettes d’un chef d’oeuvre

 

Après l’échec commercial de Dune (1984) et Blue Velvet 1986), Lynch se relance avec la série Twin Peaks (1990). Pour le thème de cette plongée surnaturelle dans une petite ville du Nord-Ouest des Etats-Unis, Angelo Baladamenti greffe les cordes des orchestres hollywoodiens sur d’inquiétantes nappes de synthé et saupoudre le tout de notes de guitare noyées dans la reverb. Un coup de maître qui lui vaut un Grammy Award.

Sailor et Lula, l’hommage au King

Conçu comme un hommage inavoué à la carrière cinématographique d’Elvis Presley, Sailor et Lula (1990) est imprégné de l’esprit du King, mais sans jamais citer son nom. Dans cette scène mémorable, Nicolas Cage susurre à Laura Dern un « Love Fool » d’anthologie… juste après une scène de bagarre d’une incroyable violence.


Le sommet Mulholland Drive

Le déroutant Mulholland Drive (2001) constitue un sommet de la carrière de Lynch et la musique y joue un rôle prégnant… Un des climax du film est incontestablement cette scène où la chanteuse Rebekah Del Rio interprète le poignant « Crying » de Roy Orbison dans une version a capella et en espagnol qui laisse les deux héroïnes en pleurs.